Présentation

L’association a pour objet la défense de la qualité de vie dans le centre de Montpellier, écusson, secteur sauvegardé, faubourgs.
Droit au Sommeil lutte contre les nuisances sonores dans le centre de Montpellier. Nuisances caractérisées principalement par les débordements répétitifs occasionnés par l’activité des bars de nuit, des terrasses, des épiceries de nuit et par les sorties de discothèques et de salles de concert.
Nous pensons que la vie en communauté est possible dans le respect des droits de tous.
 
 
 
ESPACE ADHERENT
 
 

 

quotation mark left   Un bruit est considéré comme gênant dès lors qu'il porte atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme, par sa durée, sa répétition ou son intensité.quotation mark right

 

ateliers fr 212x3003e Rencontres Européennes d'associations d'habitants pour la défense de la qualité de vie dans les centres des villes européennes Madrid
25 et 26 mars 2017

Les troisièmes rencontres du Réseau Européen " Vivre la ville ! " ont réuni des associations d’habitants des centres historiques de plus de 80 villes espagnoles d'Andalousie, des Asturies, des Baléares, de Castille, de Valence, Galice, Madrid, Pays Basque et de la Rioja, et du reste de l'Europe venant de Belgique, France, Italie et du Portugal. 
Organisé par la Coordination des Associations d’habitants de Madrid Centre, cet événement a inclus la participation de conférenciers de l'Union européenne, du groupe Écologistes en Action, de l'Université de Turin et du Pays Basque, ainsi que de leaders d'opinion, d'associations de quartiers et de représentants de la Mairie de Madrid. 
De plus, différents groupes de travail ont analysé en profondeur les principaux thèmes intéressant les résidents des centres urbains. 
Les résultats de ces journées ont servi à confirmer les nombreux problèmes communs des centres historiques dans les villes et pays participants. Dans le même temps, ils ont permis de connaître les solutions appliquées dans les différentes villes d'Europe à nos problèmes communs.

Ces journées ont contribué aussi à donner une meilleure visibilité à la réalité à laquelle sont confrontés nos centres urbains, réalité souvent occultée par les stratégies de communication des groupes d'intérêts. L'objectif du Réseau Européen " Vivre la ville ! " est d'influer sur les institutions locales, nationales et européennes pour qu'elles protègent les résidents de leurs centres historiques — pour leurs valeurs patrimoniales, sociales et culturelles — menacés d'être transformés en de simples parcs de loisirs ayant pour conséquence la massification touristique, la gentrification et les loisirs nocturnes… avec l'insoutenable et pervers argument de l'activité économique et des emplois qui en découlent, oubliant ainsi, que nous aussi sommes des travailleurs et que nous faisons partie du système économique et productif. Ce document de conclusions et de stratégie est le résultat du travail de ces deux jours. Il servira de trame pour continuer les actions menées pour défendre ensemble les droits de la collectivité.  

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Un problème de santé publique

Dans un rapport publié le 11 juin 2012, l'Académie nationale de médecine fait un tour d'horizon complet sur les causes et les incidences du bruit dans l'habitat urbain. Le bruit apparaît comme une nuisances contemporaine majeure dans la vie quotidienne. Les atteintes sur la santé sont conséquentes : perturbation du sommeil, stress, fatigue provoquent affections cardio-vasculaires, prise de médicaments, pourraient induire des modifications hormonales. Plus généralement le rapport insiste sur le nécessaire respect de la réglementation acoustique dans les constructions neuves, sur le civisme et la responsabilité individuelle au quotidien et met en évidence le rôle prépondérant du maire, autorité qui a la responsabilité d'informer, de favoriser les médiations, et de mener des actions de prévention. 

Reconnaître le lien entre protection du sommeil/repos des habitants et lutte contre l'alcoolisation est l'enjeux majeur qui permettrait de mener une politique volontaire de santé publique face au développement incontrôlé de la vie nocturne.

Les travaux de chercheurs et de groupes de réfléxion éclairent ce problème sans ambiguité et émettent des mises en garde : 

  1. Le rapport Kopp sur le coût social des drogues en France
  2. Le rapport du Think tank Terra Nova (2016) "Retrouver le sommeil, une affaire publique"

 

 

Droit au Sommeil fait partie du réseau Européen Vivre la Ville !

A l'occasion de la seconde réunion à Paris le 31 mai 2016. Les associations présentent un Manifeste, plateforme de propositions d'action pour une reconquête de l'espace public.

Introduction : 

"L’hyperalcoolisation et les nombreuses nuisances qui l’accompagnent génèrent de graves problèmes de santé publique à peine pris en considération par les autorités publiques. L’autre face des nouvelles formes de socialité nocturne est en effet peu sympathique. «Movida», «City ou spring breaks», «Clubbing jazz-rock-électroguinguette…» : soigneusement promues à coups de coûteuses campagnes de communication, ces fabuleuses « pratiques culturelles branchées » s’accompagnent de la généralisation de conduites à risques dans l’espace public («binge drinking», drogues) et d’un total manque de respect pour les habitants.

Le constat des associations de défense des habitants est le même partout en Europe : le secteur qui répond au titre pompeux des «industries de la nuit» est incapable d’une autorégulation professionnelle, et ceci pour plusieurs raisons.

D’une part, les élus des grandes villes se sont tous engagés, au même moment, dans la course folle du «marketing territorial ». Toutes plus sophistiquées les unes que les autres, leurs stratégies d’image de marque communiquent sur l’argument clef de la différenciation et portent exactement… le même message : elles célèbrent à l’unisson les vertus de l’entrepreneuriat et du développement économique local… Ces stratégies se font fort d’effacer la différence entre le jour et la nuit et accordent bien sûr la part belle aux précieux créateurs d’emplois de la nuit - quitte à oublier que ces emplois sont le plus souvent peu qualifiés, à temps partiels, exercés temporairement, mal rémunérés, et pas toujours déclarés… Les exploitants tirent parti des faibles obligations professionnelles préalables à l’installation de leurs établissements ainsi que de l’absence de contrôle de l’activité après son démarrage. Il est clair que la loi et la réglementation n’ont pas suivi l’évolution rapide des usages : le droit des débits et boissons est aujourd’hui complètement inadapté aux nouvelles pratiques contemporaines des bars à tapas, bars musicaux, bars à «shot», bars dancing discothèques, etc., tous installés dans de minuscules espaces non prévus à cet effet. Or, le développement des animations festives ne peut pas s’envisager sans un volet institutionnel approprié, notamment dans sa dimension répressive seule à même de garantir le respect, par les exploitants, de leurs responsabilités. Ces derniers se répartissent en deux catégories, qui s’ignorent complètement.

D’un côté, une petite minorité rassemble de véritables professionnels, attentifs, respectueux, adeptes des bonnes pratiques recommandées. Dès lors, si des problèmes surviennent, une volonté de trouver des solutions se manifeste et l’emporte sur une vision de court terme. On a affaire à des responsables qui souhaitent ancrer leur activité dans la durée.

D’un autre côté, on trouve des établissements présentant un profil complètement opposé. Leurs gérants (et leurs employés) n’ont pas de véritable qualification professionnelle. Ignorant ou feignant d’ignorer le cadre réglementaire de leur activité, ils se focalisent sur le coefficient multiplicateur qui leur permet de s’enrichir rapidement en revendant beaucoup plus cher de l’alcool acquis à bas prix. Après avoir exploité pour le compte d’autrui un établissement installé de bric et de broc, ces exploitants se lancent à leur tour dans la locationgérance d’un ou de plusieurs locaux : et le cycle se reproduit ad libitum. Sous l’emblème inepte de «cafés cultures», ou de toute autre dénomination futilement «hype», la valorisation de leur supposée fonction sociale les autorise à négliger un environnement urbain avec lequel ils n’entretiennent du reste aucune attache.

Le partage de valeurs collectives les obligerait à intégrer des contraintes à leurs yeux d’autant plus inutiles que ces exploitants se vivent les uns les autres en tant que dangereux concurrents dans une compétition féroce. Or, la forte concentration d’établissements dans un secteur restreint incite les gérants à éviter à tout prix de prendre le risque d’indisposer la clientèle par des rappels à l’ordre susceptibles de contrarier des personnes venues faire la fête sans limites afin de se libérer du stress quotidien, nous dit-on. Cet état d’esprit des exploitants de la deuxième catégorie et de certaines des associations qui prétendent les représenter explique les cuisants échecs des expérimentations de concertation pacifique engagées par des associations de riverains.

Ces expérimentations reposent toujours sur une stratégie «de la tenaille», qui comporte deux volets : le dialogue et l’ouverture, d’un côté ; le rappel des limites et les sanctions de l’autre. Leur échec tient à l’absence d’un rappel crédible et constant de la Loi : sûrs de ne pas être punis, les exploitants du deuxième type considèrent qu’ils ne sont ni responsables ni coupables de rien et se contentent de faits insignifiants pour clamer de prétendus efforts et leur supposée bonne foi (« J’ai mis une affiche qui dit à mes clients de ne pas faire de bruit »).

Répondant à une logique très particulière, leur raisonnement est toujours le même :

« 1) Je ne fais pas de bruit, mes clients ne provoquent pas de nuisances ;

2) d’ailleurs, d’autres font beaucoup plus de bruit que moi ;

3) du reste, je ne voudrais pas habiter près de ces établissements, mal tenus ;

4) mais, après tout, c’est normal que nous fassions un peu de bruit ; le bruit, c’est la vie, il faut bien laisser les jeunes s’amuser ;

5) habiter dans un quartier comme celui-ci et vouloir être tranquille ? La seule solution, c’est d’aller vivre à la campagne ;

6) et puis, moi, je travaille, je crée des emplois, alors fichez-moi la paix. »

Chez ces exploitants, la notion de dialogue avec les habitants et leurs représentants associatifs se limite aux insultes, aux accusations calomnieuses, aux tentatives d’intimidation, voire aux agressions physiques. Inutile d’aller plus loin : les leviers de la sensibilisation et de la prévention ne peuvent pas fonctionner dans ce cas.

En conclusion, les habitants vivent très mal la contradiction suivante. Le patrimoine des exploitants qui leur nuisent ne cesse de prendre de la valeur (disposer d’un établissement dans un territoire qui bouge, où on peut s’enrichir rapidement puisqu’on est autorisé à faire n’importe quoi) ; en sens inverse, le patrimoine des riverains court le risque d’une grave dévalorisation (rues de la Soif, latrines publiques à ciel ouvert, zones de non droit). Acquérir très cher un bien en coeur historique d’un grand centre urbain pour se retrouver en situation de déclassement social constitue une perspective désagréable, que même les agents immobiliers les plus habiles ont du mal à dissimuler aux acheteurs potentiels. La désertification des quartiers qui s’ensuit (transformations en bureaux, locations de courte durée) n’est pas la solution pour l’avenir de nos villes."